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Forêts

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Les fléaux des forêts

Voir clip vidéo « Madredeus » (Greenpeace)

 

Orage ou abattage 

  Les forestiers disent souvent que lorsqu’ils abattent les arbres, ce n’est pas très grave. Après tout, la foudre et les tempêtes abîment elles aussi la forêt. En réalité, ce n’est pas du tout le même chose.

Quand une tempête abat des arbres, la forêt conserve les mêmes espèces, et les arbres morts restent là où ils sont tombés. Le bois mort abrite de nombreux animaux et nourrit le sol en se décomposant.

Lorsqu’on exploite la forêt, il faut veiller à conserver cet équilibre.

 

 Déboisement intensif 

Quand on pratique l’agriculture des brûlis en forêt tropicale, on ne pense pas à l’avenir. On déboise pour faire des champs dans des endroits de la forêt où le sol est fatigué d’avoir nourri tant de plantes tropicales. Impossible de cultiver longtemps dans ces conditions ! Alors, on défriche un peu plus loin.

Depuis que l’on a construit des routes, les arbres de valeur sont éparpillés sur de très grandes surfaces et les chasseurs se rendent dans les zones de forêt vierge où ils ne pénétraient jamais auparavant. Les animaux de ces régions sont maintenant en danger.

Bananiers, ficus, palmiers, acajous, bois de fer…, la richesse de la végétation tropicale est trompeuse. Aussi bizarre que cela peut paraître, toutes ces plantes extraordinaires poussent sur des sols peu épais et pauvres. Quand les arbres disparaissent, la terre se recouvre d’une espèce de croûte très dure. 9a devient un désert ! Ainsi, dans ces forêts, des animaux et des plantes ont disparu avant même que des botanistes ou d’autres scientifiques n’aient eu le temps de les étudier. Il faut, de toute urgence, apprendre à mieux, connaître ce milieu pour mieux le protéger : 25 000 à 75 000 espèces végétales risquent de disparaître.

Lorsque le sol est mis à nu, les risques d’érosion sont énormes.

Les grands arbres des forêts denses absorbent une quantité d’eau très importante par leurs racines. Puis, ils « transpirent » grâce à leurs feuilles. L’eau qu’ils rejettent ainsi se condense en nuages, avant de retomber sous forme de pluies. Dès que les grands arbres disparaissent, cet équilibre est rompu. Les habitants du Sahel en savent quelque chose. Ils sont victimes de la sécheresse et de la famine depuis qu’on a coupé les forêts de leurs pays.

 

 Pluies acides 

Quand on veut nettoyer un four très sale, on utilise un produit très toxique qui contient un acide dangereux, tellement puissant qu’il s’attaque à la crasse et la détruit.

Pour se protéger, on porte des gants en caoutchouc. Mais quand une pluie acide tombe sur une forêt, les arbres n’ont pas d’imperméable pour se protéger.

Pourtant, cette pluie est chargée de toutes les impuretés rejetées par la fumée des usines et par les gaz d’échappement des voitures. Les arbres sont malades, et les lacs et les rivières pollués.

En Europe, les forêts d’Allemagne sont particulièrement touchées.

Aux Etats-Unis, les cheminées des usines rejettent des fumées qui tuent les arbres du Canada.

Maintenant qu’ils le savent, les industriels doivent prendre des mesures.

 

 

 Incendies 

Sécheresse

Trop souvent des incendies sont d’origine criminelle. Les pyromanes sont légion. Les individus sans scrupules détruisent la forêt pour racheter des terrains à bas prix.

Agriculture intensive

 

Massacre des forêts 

Le tigre de Sibérie parcourt les forêts enneigées de la Taïga Russe, la plus grande région forestière intacte dans le monde. Le tigre est séparé de son cousin le jaguar par un vaste océan, le jaguar peuplant plutôt les forêts tropicales de l’Amazonie.

Quant au gorille et à l’orang-outan, on peut reconnaître qu’ils se ressemblent, étant tout les deux des grands singes, mais a-t-on pour autant une chance de les voir se balancer ensemble sur des arbres voisins? Certainement pas ! Les orang-outan vivent dans les jungles de l’Asie du Sud-Est, alors que les gorilles vivent dans les forêts tropicales d’un continent totalement différent, en Afrique centrale. C’est là également que vit le petit éléphant d’Afrique aux larges oreilles rondes. Cet éléphant n’aura d’ailleurs jamais besoin de chasser l’ours brun de son territoire, puisque celui-ci se promène dans les dernières forêts anciennes d’Europe.

En Europe et dans les forêts anciennes d’Amérique du Nord, on trouve encore des loups. Mais ils ont peu de chances de chasser des chevreuil des Andes, car ceux-ci broutent tranquillement les prairies des forêts tempérées du Chili.

Comme tu peux le voir, ces animaux forestiers ne pourront jamais se croiser, et pourtant, ils ont en commun leur habitat. Les sept régions de forêt ancienne dans lesquelles ils vivent sont continuellement détruites. Ainsi, un grand nombre des animaux qui les peuplent sont menacés d’extinction. Environ deux tiers des espèces animales et végétales terrestres dépendent des dernières forêts anciennes, ce qui veut dire des centaines de milliers de plantes et d’animaux différents et des millions d’insectes.

Des milliers de peuples habitent également dans ces forêts, leur survie physique et spirituelle en dépendant.

Qui détruit les forêts anciennes et pourquoi ?

L’appétit mondial pour le bois, le papier, ainsi que l’agriculture intensive, ont déjà provoqué la disparition de 80 % des grandes régions de forêts anciennes. Des arbres centenaires sont coupés pour en faire du bois de construction destiné à fabriquer des panneaux de contreplaqué, ou à finir en cadre de fenêtre, en porte ou en matière première pour la production de papier. Des éleveurs brûlent de vastes zones de forêt vierge afin d’obtenir des pâturages pour leur bétail, ou encore pour cultiver du fourrage. Même si les méthodes utilisées pour faire ces clairières sont différentes, les résultats sont les mêmes : des habitats constitués d’une riche diversité d’espèces sont transformés en paysages lunaires ou en mornes plantations d’une même espèce d’arbres. Les êtres humains, les animaux et les plantes sont alors victimes du profit à court terme de certains.

Source : Site Greenpeace, campagne des forêts

 

« L’Amazonie abrite un nombre considérable, probablement le plus, de plantes de la planète. On dénombre de nos jours, pas moins de 30 000 espèces mais d’autres sont découvertes régulièrement. Parmi ces espèces, certaines peuvent avoir des vertus médicinales.
Il existe également 1 000 espèces d’oiseaux, 30 espèces de singes. La rivière Amazone abrite environ 3 000 espèces de poissons mais aussi deux espèces de dauphins d’eau douce. » Source : Auteur anonyme

 

Etat des forêts :

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Articles : 

La forêt amazonienne est dans un état préoccupant

 

Sites :

Campagne Forêt Greenpeace

Déforestation en Amazonie

Déforestation mondiale

 

Le climat

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Source photo : Greenpeace « Dessins pour le climat »

Voir la la BD « dessins pour le cimat » de Greenpeace sur sur le site de Greenpeace

 

Je ne suis pas sure du nom des livres ou site que j’ai copié pour faire cet article,  je pense que c’était : « Un nouveau climat,  les enjeux du réchauffement climatique », Philippe-J Dubois  et « STOP », Laurent de BARTILLAT & Simon RETALLACK + divers sites



 L’homme et le climat :
« Ce phénomène distingue les changements climatiques auxquels nous assistons de ceux survenus dans le passé. En effet, de tout temps, la Terre a connu des variations climatiques, avec des périodes plus froides que d’autres. Bien avant que l’homme n’apparaisse, des changements climatiques ont eu lieu pour de multiples raisons naturelles comme les variations de l’orbite de la Terre et de son axe, l’activité solaire, les impacts de météores géants et les grandes éruptions volcaniques.

Les climatologues les plus réputés ont pris en considération ces conditions naturelles dans leur interprétation du réchauffement climatique actuel, mais ils les ont écartées comme pouvant être des facteurs déterminants.

En effet, aucun impact de météores géants ne s’est produit récemment.

Les éruptions volcaniques n’ont d’effets que sur quelques années.

De plus, elles ont tendance à créer plutôt un refroidissement qu’un réchauffement.

Les changements d’orbite de la Terre n’ont lieu qu’à des millénaires d’intervalle et ne peuvent expliquer les changements soudains que nous vivons aujourd’hui.

Seule, peut être, l’activité solaire pourrait avoir eu un rôle mais réduit. Le réchauffement que l’activité solaire aurait pu provoquer n’a été enregistré qu’au début du siècle dernier et fut bien moins important que le réchauffement créer par les gaz à effet de serre, résultant des énergies fossiles brûlées par l’homme.

Le GIEC conclut donc que les forces naturelles seules ne peuvent expliquer le réchauffement de la seconde moitié du XXe siècle et que l’homme semble être le facteur déterminant. Il semble que nous  soyons bien face à une situation sans précédent dans l’histoire, où une espèce parmi d’autres, l’Homo sapiens, est en mesure de modifier le climat de la planète. »

 

Le réchauffement climatique va provoquer un grand nombre de bouleversement à la surface de la Terre :

Chaleur & sécheresse :

Les températures extrêmement élevées sont devenues plus fréquentes. Elles ont des conséquences particulièrement graves dans le monde, avec des effets dévastateurs sur l’agriculture et la survie des populations. »

Fontes des glaciers :

Baisse des chutes de neige ou disparition de glaciers

La couverture neigeuse a diminué sur toute la planète de 10% depuis la fin des années 1960. La superficie de glace de mer a régressé globalement de 10 à 15 % dans cette même moitié du globe depuis les années 1950, et de 40% dans l’Arctique.

Le grand glacier de l’Islande le Vatnajoekull recule de 1 mètre en moyenne par an depuis plusieurs années. La calotte glaciaire de cette région est grande comme la Corse. La pluie tend à remplacer la neige au-dessous de 1000 mètres d’altitude et la glace fond peu à peu. Si cette évolution continue, le glacier aura disparu avant la fin du XXI ème siècle.

Dans l’Arctique canadien, l’élévation de la température a été de 1,5°C au cours des quarante dernières années. Les conséquences immédiates sont la diminution de l’épaisseur et de l’étendue de la glace.

Les glaciers des montagnes fondent à vue d’œil…

 

En Tanzanie, la superficie de la glace du Kilimandjaro a diminué de 82% depuis 1912.

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Photo : Kilimandjaro

 

Ce ne serait peut-être pas dû à une hausse des températures puisque la glace se situe au dessus de l’isotherme zéro l’altitude au-delà de laquelle la température ne dépasse pas zéro degré mais à un changement de la couverture nuageuse qui modifierait l’énergie qu’elle reçoit. Dans une quinzaine d’années, ces glaces pourraient bien avoir disparu.

 

Les glaciers de l’Himalaya sont également touchés…..   voir les glaciers de l’Himalaya reculent

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Photo : Himalaya

 

Changement de cycle de saisons Ce phénomène a des répercussions sur le comportement et le cycle de reproduction de nombreuses espèces de plantes et d’animaux. »

Des intempéries : inondations, orages, tempêtes, El Nino….

Impacts sur la biosphère : les animaux, les végétaux, récifs coralliens….

Impacts sur les  océans et les forêts

Augmentation des maladies

Effet de serre & Pollution atmosphérique : les émissions du dioxyde de carbone du à l’activité humaines, feux de forêts (Les feux de forêt sont la deuxième plus grosse source de pollution carbonique), pluies acides…

Perte humaine & économique : « Les pertes économiques dues aux catastrophes naturelles (à 80% d’ordre météorologique) ont été multipliées par neuf, passant de 53 milliards de dollars dans les années 1960 à 480 milliards dans les années 1990….

 

Pour comprendre en détail les enjeux du réchauffement climatique, je vous conseille ce livre qui est très bien expliqué et assez complet :

- Un nouveau climat,  les enjeux du réchauffement climatique, Philippe-J Dubois

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Les femmes du Kerala contre Coca-Cola

Expulsé en 1977 par le gouvernement, Coca-Cola a repris pied en Inde le 23 octobre 1993, au moment même où Pepsi-Cola s’y implantait. Les deux entreprises possèdent 90 « usines d’embouteillage » qui sont en réalité… des « usines de pompage » : 52 unités appartiennent à Coca-Cola et 38 à Pepsi-Cola. Chacune extrait entre 1 million et 1,5 million de litres d’eau par jour.

En raison de leurs procédés de fabrication, ces boissons gazeuses présentent des risques. D’abord, parce que le pompage des nappes pratiqué par leurs usines dépouille les pauvres du droit à se fournir en eau potable. Ensuite, parce que ces usines rejettent des déchets toxiques qui menacent l’environnement et la santé. Enfin, parce que les sodas sont des boissons dangereuses – le Parlement indien a mis sur pied une commission mixte chargée d’enquêter sur la présence de résidus de pesticides.

Pendant plus d’un an, des femmes des tribus de Plachimada, dans le district de Palaghat, au Kerala, ont organisé des sit-in pour protester contre l’assèchement des nappes phréatiques par Coca-Cola. « Les habitants, écrit Virender Kumar, journaliste au quotidien Mathrubhumi, portent sur la tête de lourdes charges d’eau potable qu’ils doivent aller chercher loin, pendant que des camions de boissons gazeuses sortent de l’usine Coca (1). » Il faut 9 litres d’eau potable pour faire 1 litre de Coca.

Les femmes adivasies (2) de Plachimada ont entamé leur mouvement peu après l’ouverture de l’usine Coca-Cola, dont la production devait atteindre, en mars 2000, 1 224 000 bouteilles de Coca-Cola, Fanta, Sprite, Limca, Thums Up, Kinley Soda et Maaza. Le panchayat local (3) lui avait accordé sous conditions l’autorisation de puiser l’eau à l’aide de pompes motorisées. Mais la multinationale s’est mise à puiser, en toute illégalité, des millions de litres d’eau pure dans plus de six puits forés par ses soins et équipés de pompes électriques ultrapuissantes. Le niveau des nappes a terriblement baissé, passant de 45 mètres à 150 mètres de profondeur.

Non contente de voler l’eau de la collectivité, Coca-Cola a pollué le peu qu’il en restait, rejetant les eaux souillées dans les forages à sec creusés sur ses installations pour enfouir les déchets solides. Auparavant, l’entreprise déposait ses déchets en dehors, si bien qu’à la saison des pluies leur dissémination dans les rizières, les canaux et les puits constituait une menace des plus sérieuses pour la santé publique. Ce n’est plus le cas. Mais la contamination des sources aquifères n’en est pas moins réelle.

D’où l’assèchement de 260 puits, dont le forage avait été assuré par les autorités pour subvenir aux besoins en eau potable et à l’arrosage agricole. Dans cette région du Kerala, appelée « grenier à riz », les rendements agricoles ont diminué de 10 %. Et Coca-Cola, c’est le comble, redistribue ses déchets toxiques aux villageois sous forme d’engrais. Les tests ont pourtant montré que ceux-ci ont une forte teneur en cadmium et en plomb, substances cancérigènes.

Des représentants des tribus et des paysans ont donc également dénoncé la contamination des réserves aquifères et des sources, et les forages effectués à tort et à travers, qui ont gravement compromis les récoltes ; ils ont réclamé la protection des sources d’eau potable, des mares et des réservoirs, l’entretien des voies navigables et des canaux.

Sommé de s’expliquer, Coca-Cola a refusé de fournir au panchayat les explications demandées. Ce dernier lui a donc notifié la suppression de sa licence d’exploitation. La multinationale a essayé d’acheter le président, M. Anil Krishnan, en lui offrant 300 millions de roupies. En vain. Toutefois, si le panchayat lui a retiré son permis d’exploiter, le gouvernement du Kerala a continué à protéger l’entreprise. Il lui verse quelque 2 millions de roupies (36 000 euros) au titre de subvention à la politique industrielle régionale. Dans tous les Etats où ils ont des usines, Pepsi et Coca touchent des aides similaires, pour des boissons dont la valeur nutritionnelle est nulle, en comparaison des boissons indiennes (nimbu pani, lassi, panna, sattu…).

De plus en plus, l’industrie des boissons gazeuses utilise le sirop de maïs, à haute teneur en fructose. Non seulement cet édulcorant est néfaste pour la santé, mais la production de maïs sert déjà à la fabrication industrielle d’aliments pour le bétail. C’est autant de moins pour la consommation humaine, et, en réalité, cela prive les pauvres d’un produit de base essentiel, à bon marché. En outre, le remplacement d’édulcorants plus sains tirés de la canne à sucre, tels que le gur et le khandsari, lèse les paysans, à qui ces produits assuraient des moyens de subsistance. Bref, Coca-Cola et Pepsi-Cola ont sur la chaîne alimentaire et l’économie un impact énorme.

En 2003, les autorités sanitaires ont informé les habitants de Plachimada que la pollution de l’eau la rendait impropre à la consommation. Les femmes furent les premières à dénoncer cet « hydropiratage » lors d’un dharna (sit-in) devant les grilles de la compagnie.

Amorcé à l’initiative des femmes adivasies, le mouvement a déclenché une vague de soutien nationale et internationale. Sous la pression de ce mouvement de plus en plus puissant et en raison de la sécheresse venue encore aggraver la crise de l’eau, le chef du gouvernement du Kerala a enfin ordonné, le 17 février 2004, la fermeture de l’usine Coca-Cola. Les alliances arc-en-ciel forgées au départ entre les femmes de la région ont fini par mobiliser l’ensemble du panchayat. De son côté, celui de Perumatty (au Kerala) a déposé auprès du tribunal suprême de cet Etat une plainte contre la multinationale, au nom de l’intérêt public.

Le 16 décembre 2003, le juge Balakrishnana Nair a ordonné à Coca-Cola de cesser ses pompages pirates dans la nappe de Plachimada. Les attendus du jugement valent autant que la décision elle-même. En effet, le magistrat a notamment précisé : « La doctrine de la confiance publique repose avant tout sur le principe voulant que certaines ressources telles que l’air, l’eau de mer, les forêts ont pour la population dans son ensemble une si grande importance qu’il serait totalement injustifié d’en faire l’objet de la propriété privée. Lesdites ressources sont un don de la nature et devraient être gratuitement mises à la disposition de chacun, quelle que soit sa position sociale. »

Et le magistrat de poursuivre : « Puisque cette doctrine impose au gouvernement de protéger ces ressources de telle sorte que tout le monde puisse en profiter, il ne peut autoriser qu’elles soient utilisées par des propriétaires privés ou à des fins commerciales (…). Tous les citoyens sans exception sont les bénéficiaires des côtes, des cours d’eau, de l’air, des forêts, des terres fragiles d’un point de vue écologique. En tant qu’administrateur, l’Etat a de par la loi le devoir de protéger les ressources naturelles, ne peuvent être transférées à la propriété privée. » En clair : l’eau est un bien public. L’Etat et ses diverses administrations ont le devoir de protéger les nappes phréatiques contre une exploitation excessive, et, en la matière, leur inaction est une violation du droit à la vie garanti par l’article 21 de la Constitution indienne. La Cour suprême a toujours affirmé que le droit de jouir d’une eau et d’un air non pollués faisait partie intégrante du droit à la vie défini dans cet article.

Même en l’absence d’une loi régissant l’utilisation des nappes phréatiques, le panchayat et l’Etat sont tenus de s’opposer à la surexploitation de ces réserves souterraines. Et le droit de propriété de Coca-Cola ne s’étend pas aux nappes situées sous les terres lui appartenant. Nul n’a le droit de s’en arroger une grande partie, et le gouvernement aucun pouvoir d’autoriser un tiers privé à extraire cette eau dans de telles quantités. D’où les deux ordres émis par le tribunal : Coca-Cola cessera de pomper l’eau pour son usage dans un délai d’un mois jour pour jour ; le panchayat et l’Etat s’assureront que, passé ce délai, la décision sera appliquée.

La révolte des femmes, cœur et âme du mouvement, a été relayée par des juristes, des parlementaires, des scientifiques, des écrivains… La lutte s’étend à d’autres régions où Coca et Pepsi pompent les réserves aquifères. A Jaipur, la capitale du Rajasthan, après l’ouverture de l’usine Coca-Cola, en 1999, le niveau des nappes est passé de 12 mètres de profondeur à 37,5 mètres. A Mehdiganj, une localité située à 20 kilomètres de la ville sainte de Varanasi (Bénarès), il s’est approfondi de 12 mètres, et les champs cultivés autour de l’usine sont désormais pollués. A Singhchancher, un village du district de Ballia (dans l’est de l’Uttar Pradesh), l’unité de Coca-Cola a pollué eaux et terres. Partout la protestation s’organise. Mais, le plus souvent, les autorités publiques répondent aux manifestations par la violence. A Jaipur, le militant pacifiste Siddharaj Dodda a été arrêté en octobre 2004 pour avoir participé à une marche exigeant la fermeture de l’usine.

Des chaînes humaines autour des usines

A l’assèchement des puits s’ajoutent les risques de contamination. Le tribunal suprême du Rajasthan a interdit à la vente les boissons produites par Coca et Pepsi, car ces derniers ont refusé de détailler la liste de leurs composants, alors que des études ont montré qu’elles contenaient des pesticides dangereux pour la santé (4). Les deux géants ont porté l’affaire devant la Cour suprême, mais celle-ci a rejeté l’appel et suivi le tribunal du Rajasthan en ordonnant la publication de la composition précise des produits. Pour l’heure, ces boissons demeurent interdites dans la région.

Une étude menée en 1999 par All India Coordinated Research Project on Pesticide Residue (AICRP) a montré que 60 % des produits alimentaires vendus sur le marché sont contaminés par des pesticides et que 14 % d’entre eux contenaient des doses supérieures au maximum autorisé. Cela remet en cause le mythe selon lequel les multinationales privilégient la sécurité, ce qui les rendrait plus fiables que le secteur public. Ce préjugé contre l’administration publique des biens et des services a contribué à faire accepter la privatisation. Pourtant, ce recours au privé ne permet pas de fournir une eau de qualité à un prix abordable.

Le 20 janvier 2005, dans toute l’Inde, des chaînes humaines se sont formées autour des usines Coca et Pepsi. Des tribunaux populaires ont notifié aux « hydropirates » l’ordre de quitter le pays. Le cas de Plachimada prouve que la population peut l’emporter sur des entreprises privées. Les mouvements pour la préservation de l’eau vont d’ailleurs bien au-delà. Ils concernent aussi les barrages – et les grands projets qui prévoient de détourner le cours de toutes les rivières de la péninsule indienne suscitent une opposition croissante (5). Ils dénoncent les privatisations encouragées par la Banque mondiale et la privatisation de la fourniture d’eau à Delhi (6). Le pillage ne pourrait avoir lieu sans l’aide des Etats centralisateurs. Cette bataille contre le vol de l’eau ne concerne pas que l’Inde. La surexploitation des nappes phréatiques et les grands projets jouent à l’encontre de la préservation de la Terre. Il faut savoir que si chaque partie de la planète recevait autant de précipitations, à la même fréquence et selon le même schéma, les mêmes plantes pousseraient partout et l’on trouverait partout les mêmes espèces animales. La planète est faite de diversité. Le cycle hydrologique est une démocratie – un système de distribution pour toutes les espèces vivantes. Faute de démocratie de l’eau, il ne peut y avoir de vie démocratique.

Vandana Shiva.

Source : Le monde diplomatique



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