Un dîner calamiteux, Nicolas HULOT, Le Syndrome de TITANIC

« J’ai gardé en mémoire un autre dîner, celui-là au secrétariat à la Condition féminine. J’avais accepté de bon cœur l’invitation. Le résultat a été calamiteux. J’arrive, aimable, bien disposé, et les participants m’accueillent avec politesse et intérêt. Je commence à parler d’écologie et de développement durable, et déjà une première anicroche me met en boule. Quelqu’un me lance :

-         « Vous qui voulez supprimer les autoroutes, expliquez-nous comment vous -allez vous y prendre. »

Bien sûr, je n’ai jamais proposé de supprimer les autoroutes, mais seulement de nous interroger sur le bien fondé et le coût de tel ou tel programme qui prévoit de traverser un paysage semi désertique pour relier deux chefs-lieux de canon.

Je mets vaguement les choses au point et les rieurs de mon côté avant de poursuivre par l’importance de la chartre pour l’environnement. Nouvelle intervention dans la salle :

-         « Votre machin… » commence quelqu’un.

Je rectifie le mot :

-         « Le machin dont vous cherchez le mot, c’est peut-être la chartre ? »

La coupe est pleine. Quand on me cherche, je peux être provocateur et incorrect. Je propose à la personne d’aller consulter rapidement pour surdité. Et je ponctue mon intervention par une phrase du genre :

-         « Lorsque vous verrez le regard de vos enfants vous juger, vous comprendrez où est la vérité. »

Une organisatrice bafouille de vagues excuses :

-         « Vous vous méprenez, nous n’avons pas plus d’hostilité à votre égard qu’envers les idées que vous défendez, mais enfin, le respect des interlocuteurs commande que toute opinion puisse s’exprimer », etc.

Ce genre de laïus ne m’intéresse pas. Je quitte la salle, écoeuré d’un tel public et déçu aussi par mes propres réactions. Il est rare que je perde face à un public, mais quand je perds, je m’en veux.

J’ai donc appris à mon corps défendant qu’il y a des joutes auxquelles il est inutile de participer. On ne peut pas convaincre d’idées profondes des gens superficiels.

Pas plus qu’on ne peut inquiéter ceux qui campent sur leurs certitudes.

Mais quelques expériences malheureuses ne modifient pas mon point de vue. J’ai la volonté de croire que, si l’ensemble de la société acceptait de participer à un mouvement d’écologie raisonnée, les résultats étonneraient plus d’un sceptique. Nous entrerions alors dans un monde où sous l’éclairage des scientifiques, les politiques oseraient prendre des décisions orientées vers l’avenir, où les industriels s’adapteraient, et où les citoyens participeraient. Est-ce utopique ? Je ne le crois pas……

Je le répète, la prise de conscience ne suffit plus. Sa traduction en actes devient une urgence vitale. Individuellement et collectivement, il faut cesser de voir tout changement une récession.

 

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