Bienveillance du banquier

Martin devine leurs états d’âme, mais fait bon visage. L’impulsif François présente le cas :

- Commet pouvons-nous vous apporter 1080$ quand il n’y a que 1000$ dans toute l’île ?

- C’est l’intérêt, mes bons amis. Est-ce que votre production n’a pas augmenté ?

- Oui, mais l’argent, lui n’a pas augmenté. Or, c’est justement de l’argent que vous réclamez, et non pas des produits. Vous seul    pouvez faire de l’argent. Or vous ne faites que 1000$ et vous demandez 1080$. C’est impossible !

- Attendez mes amis. Les banquiers s’adaptent toujours aux conditions, pour le plus grand bien du public… Je ne vais vous demander que l’intérêt. Rien que 80$. Vous continuerez de garder le capital.

- Vous nous remettez notre dette ?

- Non pas. Je le regrette, mais un banquier ne remet jamais une dette.

Vous me devrez encore tout l’argent prêté. Mais vous ne remettrez chaque année que l’intérêt, je ne vous presserai pas pour le remboursement du capital. Si quelques-uns parmi vous peuvent devenir incapables de payer leur intérêt, parce que l’argent va de l’un à l’autre, alors organisez-vous en nation, et convenez d’un système d’imposition. Vous taxerez davantage veux qui auront plus d’argent, les autres moins. Pourvu que vous m’apportiez collectivement le total de l’intérêt, je serai satisfait et votre nation se portera bien.

Nos hommes se retirent, mi-calmés, mi-pensifs

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