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Déforestation et chasse menacent la survie des primates, cousins biologiques de l’homme

Les primates sont dans une situation dramatique. Ces animaux, qui sont les plus proches de l’homme, sont les plus menacés de tous » : Jean-Christophe Vié, de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), résume l’inquiétude des naturalistes. Lors du congrès de la Société internationale de primatologie, à Edimbourg, qui s’achèvera vendredi 8 août, l’UICN a présenté une étude concluant que 48 % des 634 espèces de primates sont en danger d’extinction. Plus précisément, selon la nomenclature adoptée pour la liste rouge de l’UICN, 69 espèces et sous-espèces sont en « danger critique » d’extinction, 137 en « danger » et 97 « vulnérables ». De plus, les données manquent pour 91 espèces, dont certaines pourraient être en danger.

Cette analyse a été finalisée par les quelque 400 primatologues du groupe spécialisé de l’UICN, lors d’ateliers tenus en Asie, en Afrique, en Amérique et à Madagascar – la grande île abrite à elle seule 92 espèces de primates. Mais le danger n’est pas le même partout. Si les primates vivent essentiellement dans les forêts tropicales, c’est en Asie que la pression est la plus forte : Cambodge, Vietnam, Indonésie, Laos, Chine sont les pays où le plus grand nombre d’espèces sont en danger.

« La déforestation est la première cause de mise en danger des animaux, dit M. Vié. Quand leur habitat a disparu, ils n’ont plus de chance de survie. » Mais la chasse est un facteur également très important, qu’elle ait pour objet de se nourrir, comme en Afrique, ou de fournir des substances appréciées en médecine traditionnelle, comme en Asie. La capture de petits primates pour servir d’animaux de compagnie, qui se développe, est un nouveau péril.

RÉUSSITES FRAGILES

Pourtant, tout espoir de sauver nos cousins biologiques n’est pas perdu. « Je ne suis pas pessimiste, dit Russell Mittermeier, président du groupe primates de l’UICN et président de Conservation International, une des organisations qui ont financé l’étude. Certes, il y a un risque de disparition de plusieurs espèces dans les cinq à dix ans. Mais à la différence d’autres ordres de mammifères, nous n’avons pas perdu une seule espèce de primates depuis 1900. » L’incertitude à ce propos existe cependant pour deux petits singes, le colobe bai de Bouvier et le colobe bai de Miss Waldron.

« La tendance n’est pas irréversible, continue M. Mittermeier. On connaît les techniques pour conserver les primates, on sait ce qu’il faut faire. Ce qui manque pour réussir, ce sont les ressources. » Plusieurs cas attestent que le pire n’est pas sûr : au Brésil, le tamarin-lion noir et le tamarin-lion doré se portent bien après un long programme de restauration, tandis qu’en Chine, le primate sans doute le plus rare du monde, le gibbon de Hainan, est passé de douze individus vivants il y a dix ans à… dix-neuf aujourd’hui. Mais les réussites restent fragiles : le massacre de gorilles de montagne, à l’est de la République démocratique du Congo, durant l’été 2007, a remis en danger cette espèce que l’on pensait tirée d’affaire.

Selon M. Mittermeier, l’écotourisme est un instrument efficace pour favoriser la survie des espèces, en la rendant profitable aux communautés humaines vivant à proximité. De plus, les dispositifs de protection de la forêt qui commencent à se mettre en place dans le cadre du protocole de Kyoto paraissent un outil prometteur. Il espère leur généralisation après 2012.

Hervé Kempf

 

Source : Le Monde

 

 

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